Bonjour tout le monde, Comment allez vous ?

Je relis mon dernier message et le trouve bien triste, pourtant réaliste de ces lundis "noirs" que je vis parfois. Je ne suis, fort heureusement, pas toujours dans la tristesse....

Les vacances au ski ont été ressourçante.....mère nature nous a offert plusieurs jours de soleil, au grand plaisir de tout le monde et nous avons bien profité de la neige et des pistes de ski. Nolwenn a eu sa 1ère étoile et nous avons constaté les progrès accomplis en à peine 6 jours....c'est dingue comme il apprenne vite à cet âge.

C'était vraiment chouette de se retrouver en famille toute une semaine...bien sur, pour moi, il y a eu des coups de blues, furtif, éphémère et discret...c'est souvent lorsque je vais fumer ma clope toute seule que mes pensées vont vers Anaïs et que le manque me gagne.

Il y a plein de moments où nous avons pensé à elle......... voir des petites fées dans les magasins, penser aux dernières vacances au ski dont nous avons plein de souvenirs, voir Solenn ( ma nièce ) dont les mimiques et les grands yeux bleus nous font énormément penser à Anaïs petite....

Se construisent maintenant d'autres souvenirs où Anaïs ne sera présente que par la pensée. Je me dis que nous avons la capacité de vouloir continuer, ou du moins d'essayer de vivre d'autre chose sans elle et que cela est une chance...parfois, on serait tenté de se couper du monde, de vivre en autarcie avec notre chagrin mais fondamentalement, je crois qu'Arnaud et moi avons tous les 2 besoin des autres pour avancer...merci à tous ceux qui nous aident par leur amour, par leur présence, par tous ses petits moments qui nous disent que la vie vaut la peine d'être vécue malgré la douleur de l'absence.

Je me rends compte aussi que les joies, les moments heureux, les moments où l'on se sent bien n'ont plus la même saveur, il y a toujours un bémol....c'est évident, me diriez vous....non par culpabiblité d'éprouver de la joie, au contraire tout est bon à prendre, mais parce que la vie n'a plus le même goût, quoi qu'on fasse, rien ne sera jamais plus comme avant....peut être est-on moins gai qu'avant ? et pourtant, j'ai le sentiment de vouloir profiter encore plus de la vie mais entre ce que l'on veut et ce que l'on peut, il y a parfois un écart considérable....on en revient toujours au même, il faut laisser le temps au temps.

Dans l'ensemble, je crois qu'on ne s'en sort pas si mal....

Nolwenn va bien, malgré ses sautes d'humeur, sans aucun doute liés à l'adolescence. Elle est parfois un peu trop impertinente. Bon faut dire qu'elle a une maman exigeante et pas toujours de bon poil mais quand même, on sent bien qu'elle entre dans un âge difficile. Malgré tout, elle est pleine d'envie, souvent joyeuse.....je crois que ça va pas trop mal.

Arnaud se plait toujours dans son boulot, même si les journées sont longues et parfois bien fatiguantes. Je le trouve à nouveau plus "rieur" et avec plus d'envie qu'il y a quelque temps.

Moi, j'ai l'impression de vivre dans 2 mondes paralléles : celui où j'avance, celui où je continue à trouver que la vie est belle, celui où j'ai envie de faire quelque chose de bien de la vie qui me reste à vivre ( y'a plus qu'à !!!! ), celui où je sais Anaïs "là" quoi qu'il arrive, elle m'accompagne par la pensée et lorsque je pense à tout ce que nous avons vécu, je vois de beaux moments, je vois tout ce qu'elle a pu nous donner, tout ce qu'elle m'a fait découvrir sur moi-même et sur l'amour, la force dont je peux être capable.....et l'autre, plus sombre, où la douleur, le manque, le doute, la sensation de me perdre et de m'enfoncer sont dominants. 

 

Il y a une semaine, nous avons passé la journée avec des familles dans notre "cas". Sortie chien de traineaux pour les fratries endeuillés et du coup, nous sommes plusieurs parents à avoir accompagné nos bambins, faute de transport. On a eu un temps catastrophique ( averse de neige et vent glacial ), ouf ! quelques rayons de soleil quand même, mais tout cela s'est passé dans la bonne humeur. Petit à petit, Arnaud et moi découvrons le plaisir d'échanger avec des parents qui ont notre vécu, même si pour le moment nous sommes dans la "découverte" des histoires de chacun, on sent tout de suite que nous sommes sur la même longueur d'onde.

 

Dernièrement, je lisais un papa, qui lui aussi a créé un blog suite au neuroblastome de sa fille Sarah. Elle est décédée quelques mois après Anaïs après s'être battue, elle aussi, pendant plusieurs années. J'ai une grande admiration pour la façon dont il vit le deuil et je crois même que je l'envie. Cet homme est fondamentalement optimiste. Il écrit que sa fille lui manque moins que ce qu'il avait imaginé, pour la bonne raison qu'il a la sensation qu'elle est assise sur son épaule, comme un ange gardien qui veillerait sans cesse sur lui. C'est une belle image et une belle façon de vivre le deuil....