Le temps passe si vite, je viens de relire mon dernier message et je me rends compte qu'il remonte à la période d'après noël....cela me semble loin.

J'ai eu un passage très douloureux et trop long, à mon goût....je crois que l'envie de partager cette souffrance n'était même pas là, ou peut être avais je peur d'être jugée, peur de faire peur aux gens qui me sont très proches.

J'étais habituée aux "vagues" du manque, quelques jours "avec" puis quelques jours "sans". Mais là, cette vague a été particulièrement profonde.....la sensation de ne plus pouvoir remonter....une douleur morale quasi constante et rien à faire pour en sortir. Je passais mes journées à pleurer, le simple fait d'imaginer le visage d'Anaïs me faisait venir les larmes.

J'ai ressenti du désespoir, l'envie de mourir, non pas pour que ma vie s'arrête mais pour que la douleur cesse....et je me disais " mais non, tu es plus forte que ça...". Mais je n'ai jamais vécu le deuil, je ne me connais pas dans cette situation, je me découvre et m'apprivoise.

Bien sûr que j'aime trop la vie, et tous ceux et celles qui me la font aimer, pour mettre fin à mes jours...il n'y avait rien de concrêt dans cette pensée, juste l'envie que la douleur s'arrête.

Comme me le dit si bien Arnaud, on sait que lorsque ca va, tôt ou tard, on va "redescendre" en bas mais quand on est dans le creux de la vague, il est encore difficile de se dire que l'on va remonter.....c'est compliqué...déroutant...fatiguant. On ne peut rien maitriser, comme un bateau au coeur de la tempête qui se fait chahuter de tous les côtés. Cela donne parfois la sensation de devenir fou...

La plupart du temps, quand on va mal ( dans la vie "normale" ) c'est souvent qu'il y a un problème à résoudre, une explication à avoir, on cherche et peut trouver des solutions...mais dans le deuil, les choses semblent parfois insolubles...comment sortir la tête de l'eau ? comment allez mieux ? Parfois certaines choses nous aident, d'autres fois elles ne marchent pas.....parfois on va mieux sans que rien ne se passe, on le sait, on le sent, la vague est passée....

 

 

Au jour d'aujourd'hui, je vais mieux, et depuis quelque temps déjà. Il ne s'est rien passé de particulier, je n'ai rien fait de spécial pour "sortir" de cet état mais quel soulagement.

Je suis contente de n'avoir aucune culpabiblité à ne pas avoir Anaïs sans arrêt dans mes pensées...penser à elle est encore tellement douloureux que je préfére occuper mon esprit à d'autres choses.....ce n'est pas vouloir l'oublier ( il est bien évident que cela n'arrivera jamais ), c'est juste avoir le désir d'avancer...Anaïs ,telle que je l'ai connue, fait partie du passé et plus je pense à cette enfant que j'ai connue et perdue, et plus j'ai mal....j'essaye d'accepter petit à petit que cette Anaïs là n'existe plus mais mon amour pour elle reste inchangé....c'est super compliqué à expliquer !!!!

C'est comme lorsque l'on repense à nos enfants petits, on a des "flashs" mais on ne souvient plus vraiment, l'on sait que ce temps est révolu, que l'on a fait le deuil de ce petit être qui aujourd 'hui a grandi et ne sera plus jamais ce qu'il a été....c'est un peu pareil sauf que moi, je ne la reverrai plus dans le monde des vivants ( j'espère bien la retrouver un jour ailleurs ).

Bref, mes pensées ne sont pas toujours tournées vers elle, mais pas un jour ne passe sans que je pense à elle quand même mais j'avance, j'aperçois une vie possible sans sa présence physique...

 

Dernièrement, nous avons passé des we à 3, sans voir de monde et nous avons vécu de chouettes et simples moments...ce qui nous donne de l'espoir pour ce qu'il nous reste à vivre.

Nous continuons à mettre des "soleils" sur notre calendrier...soirée, we entre amis ou famille et dans les beaux projets à venir, il y a une semaine au ski avec nos familles respectives et 10 jours au Canada pendant les vacances de Paques.

 

Côté boulot, ca avance un peu aussi..j'entreprends un travail avec la Maison de l'emploi, qui s'apparente à un bilan de compétence. Etant en dispo, je ne peux en faire un "vrai" car il faudrait que je le finance moi-même. Cela me permettra d'y voir plus clair sur ce que j'ai envie de faire, sur les formations qui peuvent mettre proposées (là aussi, la question d'un financement sera compliquée mais chaque chose en son temps...). Ou peut être une opportunité ce sera-t-elle présentée d'ici là ?

Je me suis aussi inscrite sur les sites d'offres d'emploi dans le secteur de la santé... qui sait, peut être une perle rare va-t-elle apparaître ?

 

Nous avons la chance d'être toujours bien entouré et de trouver beaucoup de réconfort dans les moments passés avec nos proches. Le fait de pouvoir rire, être "superficiel", passer de simples moments de complicité et y prendre du plaisir...se rendre compte qu'on peut y prendre du plaisir sans arrière pensée...c'est tout simplement énorme dans une situation comme la nôtre.