Cette fin d'année aura été terrible pour nous et surtout la période de Noël.

Nous avions beaucoup d'appréhension en voyant arriver ce moment de l'année où les enfants sont à la fête. Nous savions que nous allions revoir nos familles respectives que nous n'avons que peu revue depuis le décès d'Anaïs.

D'expérience, nous savons maintenant que même si Anaïs est toujours présente dans les esprits et dans les coeurs, passer du temps avec nos proches sans qu'un seul mot ne soit dit en rapport à ce que nous vivons ( ou avec elle ) est quelque chose d'insupportable à nos yeux.

Seulement, voilà, il n'est facile pour personne d'en parler....les larmes montent parfois vite .....quand en parler ? comment en parler ? quels sont les bons mots ? n'est-il pas trop dur ? trop tôt pour évoquer certains souvenirs ?....alors la plupart de temps, nous n'en parlons qu'entre nous ( Arnaud et moi ). Je sais que certaines personnes ne parlerons jamais de ce qu'ils ressentent parce que c'est trop dur pour eux, parce qu'ils n'ont pas "appris" à extérioriser leurs émotions, parce qu'il y a trop de pudeur peut- être ou tout simplement parce qu'ils préférent garder ça pour eux...mais pour d'autres, il suffit de tendre un peu la main.

Bref, nous ne voulions pas que Noël se passe sans que nous puissions avoir l'opportunité de "partager" autour d'elle et nous savions aussi que, dans cette période, elle allait être particulièrement présente.

Nous nous sommes rendu compte que les mots n'ont pas toujours la place la plus importante et que de simples gestes d'affection, des regards complices suffisent parfois à faire passer beaucoup de choses. 

Anaïs était bien là....en photo un peu partout.....dans chaque regard....dans chaque sourire... elle nous a beaucoup manqué, sans que l'on ressente forcément le besoin de le dire.

Revoir toutes les "petites" familles qui constituent ma "grande" famille n'a pas été simple non plus. Même si nous sommes toujours contents de ces rencontres, elles nous renvoient toujours à l'absence d'Anaïs....et pourquoi ont-ils toujours la chance d'être 4 alors que nous ne sommes plus que 3 ?

Noël a aussi était pour moi une période de "regards" sur le passé...le souvenir de grandes étapes traversées sont revenues à la surface et avec elles, un terrible sentiment d'injustice que je n'avais pas ressenti jusqu'à présent. La maladie d'Anaïs était bien évidemment une injustice en soi mais certaines parties du traitement ( comme la greffe ) m'apparaissent encore plus injustes.....elle a du subir tellement de chose, a failli mourir et même si nous savions que c'était faux, quand elle s'est réveillée de son semi-coma, nous la sentions "invulnérable"....alors on se demande, pourquoi avons nous du traverser tout cela pour en arriver où nous en sommes aujourd'hui ? quel sens donner à ses passages de notre vie ? Pourquoi Anaïs a-t-elle du passer par là et finir par mourir quoi qu'il en soit ? Je ne pense pas un jour trouver réponse à toutes ses questions...

Je me rend compte que nous n'avons pas que le deuil d'Anaïs à faire mais aussi celui de tous ses "passages" difficiles, qui à l'époque, ont été plus faciles à accepter étant donné qu'ils étaient toujours associés à l'espoir.

Donc, Noël, comme nous l'avions envisagé, n'a pas été une période facile mais nous ne regrettons pas de l'avoir passé entourés de notre famille, il était impensable qu'il en soit autrement, aussi dur que ce soit.

 

Je profite de ce message pour souhaiter une Bonne et Heureuse année à tous ceux et celles qui me lisent.

C'est un peu commun de se souhaiter une bonne année...... un an qui passe ne change rien au quotidien de nos vies mais voilà, la vie est précieuse et c'est l'occasion de dire aux gens qui nous sont chers qu'on leur souhaite " tout le bonheur du monde" ( sinsémilia). Le bonheur ne vient pas toujours sonner à la porte, il faut le chercher, le créer et le cultiver.

IMGP1320